Une fois n’est pas coutume, cette idée sortie vous emmène hors de la plaine de l’Ain, chez les voisins d’Ars-Trévoux. En route pour la basilique d’Ars ! Cette réplique miniature de la basilique de Fourvière, du même architecte, est un joyau caché de l’Ain. Haut lieu de pèlerinage, elle sert d’écrin au dernier repos du Saint curé d’Ars. Prêts à découvrir cette merveille couverte de décors peints et autres dorures ?
La basilique d’Ars, mini Fourvière dans l’Ain
Ce qui frappe le visiteur averti lorsqu’il arrive au pied de la basilique d’Ars ? Sa ressemblance avec la basilique de Fourvière à Lyon. Logique, les deux édifices partagent le même papa, architecte star du 19e siècle : Pierre-Marie Bossan. Conçues à la même période, Ars est l’aînée, malgré ses proportions plus modestes. Avec une première pierre posée en 1862, elle supplante de 10 ans sa spectaculaire cadette lyonnaise. Toutefois, pas de chamaillerie entre citadine et fille de la campagne : que des canons de beauté dans la famille. En effet, côté style, c’est la même vibe : grandiose !


Néo-byzantin, sinon rien !
Ceci pourrait bien être la devise de ces deux frangines au style flamboyant. Une esthétique propre à l’architecte Bossan et son époque. Entre inspirations byzantines et réinvention du gothique médiéval, les mots d’ordre sont or, couleurs et décors peints.
Tout, pourvu que ça scintille, que ça brille, que ça en jette ! L’éclectisme est de mise entre les murs et sous les plafonds ornés. Voyageurs, gare à vos mirettes, Ars envoie des paillettes !





La basilique d’Ars, un joyau méconnu de l’Ain
Mais alors comment un tel trésor a fait surface au beau milieu de l’Ain ? D’où sortent ces coupoles octogonales et ses ors ? La réponse est paradoxale. Tout ce faste se doit à un curé besogneux et ascétique : Jean-Marie Vianney.
L’histoire du curé frugal et de l’église fastueuse
Il consacre 41 ans d’une vie spartiate – il mangeait peu, dormait à peine plus – à la paroisse d’Ars. Inlassablement, il reçoit les croyants en confession, s’occupe des pauvres et vit presque en chemise, tant il est investit. Son aura est telle que très vite le nombre de fidèles augmente. L’église existante, du 12e siècle, s’avère de plus en plus insuffisante pour une telle ferveur. Celui qui deviendra par la suite le Saint curé d’Ars, patron de tous les curés de l’univers entreprend des extensions. Il fait transformer la façade dans un style néoclassique – bien plus en retenue que ce qui va suivre. Il édifie également cinq chapelles le long de la nef, qu’il fera d’ailleurs étendre. Rien n’y fait. Alors quelques temps avant son décès, il convient de la construction d’une abside monumentale dédiée à Sainte Philomène.



Splendeurs & gloire à Philomène
Et le résultat est à la hauteur de son rêve ! Coupole magistrale, piliers et chapelles rayonnantes couvertes de couleurs, une merveille. Sous les ors et les marbres de la voûte, le programme du chœur, dédié à Philomène est d’une originalité folle. Un ensemble de peintures murales dépeint à l’antique la vie de celle qui fut sainte, mais s’est vue destituée en 1961. Curieux coup du sort pour notre curé, qui avait espéré en offrant la sainte aux nuées, détourner l’attention qu’on lui portait.
Chaque chapelle est couverte d’ornements peints, chaque plafond de motifs végétaux. Qui pour certains, préfigurent le style Art Nouveau, avec pas moins de 40 ans d’avance. Nombres d’artistes lyonnais de renom ont participé à la splendeur de l’église nouvelle. Moulures, vitraux, tableaux, aucune place pour le minimalisme au milieu d’un plan et d’une élévation en symétrie. Partout où l’œil se pose, il est accueilli par une curiosité.

Ars, lieu de pèlerinage, ville sanctuaire
Et l’objet de curiosité qui rend la basilique d’Ars si insolite est sans conteste, la châsse-reliquaire du curé d’Ars. Béatifié, puis canonisé, il s’est vu décerner le nom de patron des prêtres de France et des curés de l’Univers. En d’autres termes : le curé des curés ! Et ce prestigieux statut valait bien plus qu’une statue. Depuis 1905, le corps embaumé du bon curé repose dans la basilique, dans un écrin de verre.
La belle chapelle du cœur, attenante à l’église, contient elle, comme son nom le laisse deviner, le cœur du curé d’Ars. De quoi terminer la visite en beauté dans ce lieu aux peintures Art Déco.


Les fidèles viennent par centaines de milliers à l’occasion d’hommages religieux pour se recueillir auprès du saint curé. Chaque année, Ars, désormais ville sanctuaire accueille près d’un demi-million de pèlerins du monde entier. La basilique est classée aux Monuments Historiques depuis 1982 et a même reçu la visite du Pape Jean-Paul II.
Dates à retenir & infos pratiques
- 1er mai : jubilé de la paroisse
- 4 août : fête du saint curé
- 2025: 100 ans de la canonisation du curé d’Ars
- Visiter le musée de cire du curé d’Ars
- Basilique en visite libre toute l’année. Visites guidées par Ars-Trévoux Tourisme (accès à la chapelle souterraine)
Suggestions à proximité
Dans l’Ain, à 45 min de la basilique d’Ars, à l’est de Lyon, vous attendent encore plus de pépites bien gardées.