L’abbaye bénédictine d’Ambronay fait toujours parler d’elle. Depuis Charlemagne, celle-ci est présente dans le paysage local mais pas seulement…
Elle fait aujourd’hui la part belle à la musique et aux artistes grâce au Centre culturel de rencontre.

Histoire

Le nom sonne comme royal. Rien d’étonnant, puisqu’elle fût fondée au temps de Charlemagne, en 797. En belle indépendante, par privilège papal, elle jouissait d’une totale souveraineté, ne répondant que du Vatican.

Voilà une Dame qui a du caractère !

On l’assiège au Moyen-Age, on lui retire des morceaux à la Révolution, mais elle sait se défendre. Ses deux tours, la Tour des Archives et de la Tour Dauphine,originellement fortifiées le prouvent bien. Solidement bâtie, l’abbaye reste libre jusqu’au XIIIe siècle et le protectorat du Duché de Savoie. Forte et adaptable, elle sait changer de fonctions quand l’époque l’exige. Après la fin de la vie monastique entre ses murs, elle est tour à tour prison, grange, hospice, école, bâtiment de garnison, logements sociaux… Rien ne peut l’ébranler.

Redevenue l’église que nous connaissons aujourd’hui, après son classement aux monuments historiques dès 1889, qui amorça la restauration, sa notoriété s’est écrite au XXe siècle avec la création d’un festival de musique baroque qui révéla un autre atout de cette grande Dame : son acoustique !

Aussi robuste soit elle, Dame Ambronay n’en est pas moins élégante. L’abbatiale et le cloître sur deux niveaux forment un ensemble gothique majestueux où règne une atmosphère de calme. Le cadre est apaisant avec ses abords de verdure et la visite des murs est un voyage des sens…

Lumière.

Atténuée, presque invisible dans le cœur de l’abbatiale, si ce n’est sa présence dévoilée par les vitraux, elle surgit entre les arcs des fenêtres en ogive entourant le cloître. Le gothique flamboyant mesuré des arcades en belle pierre calcaire gris-blanc accroche le soleil et l’envoie doucement ricocher sur la pelouse. Depuis l’étage, à l’ombre des colonnes d’ordre toscan, on guette les rayons de fin de journée ou les nuages qui passent sur le clocher.

Quand à la lueur des jeux de lumières colorées, s’illuminent parfois, la nuit venue, fenestrages et colonnades, pelouses et charpentes, on découvre alors un tout autre dessin.

Silence.

Dans le ventre de l’imposante église, rien ne filtre de l’extérieur. Le calme écho des sons des visiteurs sur la muraille, c’est tout ce qui nous parvient lorsque l’on déambule lentement sous les nervures de la voûte en ogives. Les piles à la silhouette massive répercutent les chuchotements, le frotti-frotta discret des pieds sur les dalles, les toussotements incontrôlés. La beauté des pierres taillées se révèle en tonalités émues ou émerveillées des visiteurs.

Quand arrive l’automne, la carcasse de Dame Ambronay résonne alors d’une toute autre harmonie. Les vieilles pierres se secouent, l’édifice vibre aux sons et rythmes de compositions magistrales de la musique baroque. Durant le Festival d’Ambronay, les voix des visiteurs s’élèvent haut sous la voûte. Les cris de joie des enfants, dans le parc où s’étalent des jeux en bois, traversent les portes ouvertes. La musique parsème les lieux d’un autre silence, celui de l’écoute.

Fraîcheur.

Le long de la nef, sous les arcades du cloître, dans l’intimidante salle du Chapitre, la fraîcheur suit le visiteur bienheureux quand règne la chaleur de l’été à l’extérieur. Compagne du silence, elle aide à l’apaisement et favorise la découverte en toute quiétude.

Senteur.

Pour quelques minutes ou plusieurs heures, on respire l’habituel parfum accueillant de vieille pierre, de poussière et d’encens. Une respiration bienvenue pour poursuivre son voyage.

On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux
A. de Saint Exupéry

Saint Exupéry, enfant du pays et grand voyageur, serait très certainement heureux d’expérimenter sa célèbre formule lors d’une visite toute particulière de l’abbaye : la visite sensorielle ! A deux, l’un est guide, l’autre a les yeux bandés, le temps d’une visite pas comme les autres. On traverse toutes les émotions pour profiter de ce lieu exceptionnel autrement qu’avec les yeux…

Dame Ambronay aime sans aucun doute surprendre ses visiteurs par d’insolites propositions. Au détour d’un couloir, à l’issue d’un passage voûté, au lointain dans les jardins… vos oreilles pourront discerner le son d’un théorbe, d’une guitare ou d’un cornet à bouquin, au grès de la visite musicale. Une foule d’instruments classiques et moins classiques à découvrir aux quatre coins de la belle abbaye.

Pour les plus curieux, qui ne sauront se satisfaire du décor, il est possible de passer de l’autre côté. En visitant les coulisses du Festival de musique baroque, c’est encore un autre visage que vous présentera l’abbaye. Celui d’une ruche peuplée d’artistes et de gens du spectacle. Etonnant.

Dame Ambronay adore les enfants. Tout au long de l’année elle leur organise des visites ludiques, des enquêtes à la recherche d’un petit moine, des chasses aux œufs dans ses jardins… Et n’allez pas penser que le Festival est réservé aux grands ! Que nenni, spectacles famille à prix doux et animations gratuites, les kids* aussi profitent à fond de l’ambiance musicale. Tout pour le bonheur des mômes et de leurs parents.

L'abbatiale durant le Festival d'ambronay

Focus sur le festival d’Ambronay

Le festival d’Ambronay c’est une identité. C’est 40 ans (en 2019) de découverte, de scène professionnelle et am [...]